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    Sun Ship 09 / 2016

    Il convient de commencer cette chronique par deux questions. La première est posée non sans malice par Henri Roger lui-même, à propos de son dernier bébé Free Vertical Compositions où il s’engouffre dans un nouveau concept et de nouvelles contraintes comme il en a l’habitude : "Ca sonne comment, une partition de disque dur ?".
    Le disque nous en donne quelque idée, mais ce n’est pas la seule interrogation…
    L’autre question est : "l’ordinateur est-il un improvisateur comme un autre ?" et cette question-ci est plus vaste ; il ne s’agit pas de revenir sur l’histoire de la musique électronique inventée par Jean-Michel Jarre, ce dont je me garderai bien vu ma connaissance parcellaire et orientée de la question, mais d’interroger la spontanéité du chant des machines. Un questionnement finalement ancien, porté tout autant par des compositeurs savants que par des bidouilleurs des nineties (oui, Aphex Twin période Drukqs est parfois tout proche) et qui aurait l’heur de nous amener à des débats sans fins, des admonestations multiséculaires et des excommunications subites.
    Ayant déjà fort à faire par ailleurs de ce point de vue dans des domaines bien éloignés de la chose musicale, on pardonnera mon manque de motivations sur le sujet !
    Le chant des machines, c’est exactement ce à quoi nous renvoie les onze morceaux de cet album naturellement sorti sur le label Facing You/IMR qui abrite les expériences du pianiste/guitariste auquel il faut désormais ajouter les qualificatifs de graphiste/programmeur si l’on comprend bien. Il faut dire que la tambouille du disque, où l’on perçoit que l’ingénieur du son Maïkôl Seminator est partie prenante de l’oeuvre, est assez secrête.
    Les meilleurs cuisiniers ne donnent pas les détails précis de leur tournemain, mais avec Henri Roger, depuis Parce Que notamment, on sait que la dimension physique, ou du moins celle de la matière a une importance cruciale. Elle est ici au coeur de ce que l’on peut qualifier d’improvisation dirigée ou, plus justement, d’improvisation programmée.
    Mais ici, point de clarinettes écorchées ou de cordes étouffées, mais des cliquetis électroniques et des nappes expansives, parfois épaisses et étouffantes qui témoigne des dessins vectoriels en trois dimensions créés par Roger.
    Une sorte de survol synthétique de paysages heurtés, où il y a parfois de l’inquiétude ("#9"), souvent du rêve ("#3") et des rythmiques d’apparence désordonnées ("#10") quoi qu’il en soit un voyage stellaire pour ne pas dire spectrale au coeur du processeur parfois étonnant, souvent séduisant, à l’image de ce qu’Henri Roger a désormais l’habitude de proposer. On aimerait en savoir plus du procédé, et notamment qu’elle est la marge d’intervention humaine en direct (Roger comme Seminatore…) mais le secret est le fruit de l’étrangeté.
    C’est peu dire que ce disque répond au qualificatif !
    Sun Ship

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