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    Joël Pagier, octobre 2015

    Et si Jean-Marc Foussat était un homme-orchestre au sens littéral du terme ? Pas le phénomène avec guitare en bandoulière, grosse caisse sur le dos et grelots aux sabots, mais un croisement entre deux espèces, l’humaine et l’orchestrale, capable de jouer tout et n’importe quand pour peu qu’on lui fournisse une prise de courant ?
    Il peut sembler étonnant d’avoir attendu cet album en duo avec le pianiste Henri Roger pour tenter de définir le personnage. Mais tant qu’il croisait des instruments essentiellement monophoniques ou rythmiques, on pouvait admettre que les divers saxes, trompettes, violons, guitares solistes ou percussions parviennent à se frayer un chemin dans la jungle de ses textures urbaines ou bucoliques. Avec le piano, instrument polyphonique par excellence, c’est une tout autre histoire ! Surtout lorsqu’il est tenu comme ici par un architecte paysagiste doublé d’un coloriste de tout premier plan, mais peu enclin, somme toute, à céder une once de territoire ! Entendons-nous bien : le propos des deux gentlemen n’est évidemment pas la lutte armée pour la conquête de l’espace sonore, mais l’élaboration collective d’un ensemble dont chaque partie s’oppose ou s’encastre dans un réel esprit de complémentarité… Il n’empêche qu’un tel partage exige à la fois l’humilité des plus grands et une créativité fondée sur l’authentique présence du créateur à l’intant T de la création.
    Ainsi, dès le tout début de l’album, on pourrait s’attendre à ce que les deux musiciens, respectant en cela une tradition implicite, s’observent et prennent leurs marques avant d’entrer ouvertement dans le vif du sujet. Or, si le pianiste choisit de se taire après avoir plaqué un premier accord, pour laisser à son partenaire un espace d’expression nécessaire, il ne lui faut que quelques secondes avant de plonger de nouveau dans la source naissante et mêler l’écho de ses clusters aux grondements et sifflements des machines synthétisantes. Dès lors, la conversation est engagée, chacun répondant son pour son aux arguments de son vis à vis, et si le ton reste courtois et relativement serein, ce n’est qu’en raison du peu de temps qu’ils se sont accordé pour conclure cette courte plage d’introduction. Le découpage de ces "Géographies des Transitoires" demeure d’ailleurs la seule contrainte qu’ils se soient imposée, encadrant "Le Milieu", une longue improvisation de plus d’une cinquantaine de minutes, par deux interventions plus concises et respectivement intitulées "Le Nord et le Sud" puis L’Est et l’Ouest, comme s’ils souhaitaient, dans les mots et par la durée des pistes, insister sur l’importance de la transition, cet intervalle où tous les possibles se croisent entre deux points immuables.
    Et de fait, cette pièce de 53 minutes offre un panorama peu courant de toutes les références assimilées par les deux artistes, cultivées dans les serres de l’inconscient avant de surgir en un superbe désordre, chantier chaotique de réminiscences urgentes et de trouvailles conséquentes.
    Joël Pagier

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