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    Improjazz

    En rupture de Résistances, New Dreams et autres ensembles ornettiens et
    militants, le batteur Bruno Tocanne, dans ce "Remedios la belle" gravé en duo
    avec le pianiste et guitariste Henri Roger pour la collection kraft du Petit Label,
    s’insinue en douceur dans l’interstice pratiqué entre les notions poreuses
    de Free Jazz et de Free Music.
    Rien de foncièrement radical, sans doute, puisque nous continuons d’évoluer
    dans le cadre d’un jazz expressionniste aux profondes racines mélodiques !
    Pourtant un authentique vent de liberté souffle sur ces échanges à baguettes
    et cordes rompues affranchies de l’exposition thématique, des développements
    harmoniques et d’une structure générale prisonnière des grilles et des barres
    de mesure.
    En bref, le jazz n’est pas le seul, ici, à se démarquer de ses obligations intrinsèques et les instrumentiste eux-mêmes se plaisent à perdre le Nord
    d’un langage dont ils ont brisé la boussole.
    Nous connaissons bien le batteur aux formations susnommées, à son importance
    majeure dans le Collectif Polysons ou le Réseau Immuzik et à son soutien sans
    failles au service d’artistes aussi passionnants que Sophia Domancih, Jean-Paul
    Hervé ou Catherine Delauney !
    Sans omettre, surtout, son implication au sein du ciné concert relevant encore
    le génie de "L’homme à la caméra" de Dziga Vertov.
    En revanche, la personnalité d’Henri Roger nous est moins familière…
    La fougue de son attaque et la précision de son toucher, qui ne sont pas sans évoquer, parfois, les courses déliées ( à tous les sens du terme) d’un Joachim Khün, nous auraient interpellés plus tôt si nous avions pu jeter une oreille aux
    divers ensembles qui le voient affirmer son talent de pianiste :
    Henri Roger Trio, Compagnie So What, Duo Rythmigration avec Ismael Robert etc , etc …
    De même son approche guitaristique et les sons qu’il tire directement de son ampli, à la manière d’un Joe Morris ou d’un Phil Gibb, ne sont pas si courants, en France, du moins chez les adeptes de la "6 cordes" libre pour que l’on passe impunément à côté de ses crépitements de flammes et ruissellements d’eau claire.
    Malheureusement , la distribution de son travail semble si confidentielle que je
    n’ai jamais eu, personnellement, l’occasion de l’apprécier avant cet excellent album.
    Réminiscences constantes et renouvellement perpétuel…
    Telle apparait la dialectique de ce "Remedios la belle" nourri d’envolées free, d’errances abstraites et de déferlements romantiques, dont l’écoute s’avère
    pourtant si évidente qu’on l’entendrait aisément deux ou trois fois de suite.
    Ainsi en est-il de ce mystérieux enregistrement : si les deux hommes oscillent
    sans cesse entre le plaisir du souvenir et le désir de l’inconnu, leurs doigts et leur esprit, étroitement liés, tressent logiquement les fils parallèles et contradictoires de la surprise et de la mémoire.
    Et ce jusqu’à tisser une oeuvre passablement hybride, sans complexe ni doutes, aussi abordable dans sa forme immédiate qu’étrange dans la genèse de sa
    construction.
    De fait, cet album est un peu la conversation de deux amis aux sempiternelles contradictions qui n’exigent de l’autre que la tolérance dont ils font eux- mêmes preuve et bâtissent un raisonnement original, fruit de tant d’avis opposés
    qu’ils finissent par toucher à l’universel.
    Joël Pagier.Improjazz, juin 2012.

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