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    Chronique Citizenjazz, Antoine Arlot, mars 2015


    Enfin. Voilà un duo, voilà le duo. Henri Roger, à la guitare, et Noël Ackhoté… à la guitare. Tous les deux électrifiés, tous les deux sur circuit.

    Et dès le départ c’est un paysage fantastique qui déroule les émotions et donne le la. Grands horizons diaphanes et mélodies flottantes dans un micro-morceau, aperçu de longue-vue. Il ne se passe ici que ce qui se pose là, sans début ni fin, comme un regard, contemplatif et délaissé. La focale merveilleuse des détails. C’est « Bruce McLaren », premier morceau, starter des imaginations fertiles, épopée à mélopée libre, première proposition avant les trips sonores et légers qui vont suivre.

    Il y a beaucoup de cela dans ces alliages entre environnements abstraits et mélodies pas trop fixées. Une sorte de mélancolie joyeuse, l’art de l’oxymore, la liberté des musiques indépendantes et sans finalité autre que d’exister. Pour ces deux musiciens sans recette, c’est une joie de vivre, le plaisir de faire plonger l’auditeur dans des moments emplis de minuscules instants, des essais, des audaces sereines, des déambulations acoustiques, un privilège du temps donné au temps exploré.

    Guitare légèrement saturée, un poil éraillée, un peu abîmée - quelques effets délicats, parfois (Noël Ackhoté, toujours aussi juste) -, qui se balade, se trame, se faufile, et puis les ciels et les terres des sonorités (Henri Roger, toujours aussi pertinent) qui dessinent l’énigmatique audiorama des prairies acoustiques et des parfums alentours.

    C’est un duo oui, mais pas au sens d’un dialogue simple et attendu, plutôt une promenade à deux, une balade passée à détailler les sensations et sentiments qui traînent et se dévoilent, à déballer les sérendipités qui s’offrent au gré des fleurs butinées, un duo doux, un duo de trajectoires.

    Cinq morceaux. Courts. Des pastilles phoniques à laisser fondre. De minuscules mondes beaux et précieux, qui n’en font pas trop, qui se laissent doucement appréhender. Une dentelle peut être, la lingerie fine des sonorités poétiques et inouïes que l’on peut - quelle chance ! - goûter. Douceur, c’est cela.

    « Phil Hill », « Ayrton Senna », « Jacques Lafitte », « Maurice Trintignant » et « Bruce McLaren », tous coureurs automobiles, tous fans de vitesse et du virage de la mort. Cinq titres mystérieux, aussi, pour une musique étrange et très séduisante, ouverte à l’imagination, roborative et vivante, humble, subtile et profonde.

    par Antoine Arlot // Publié le 2 mars 2015 Citizenjazz

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