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    • Siderrances : : Noël Akchoté et Henri Roger

      Siderrances

      « Speed dating » et « Slow dating ».
      Il existe un nombre infini de manières de se rencontrer entre musiciens improvisateurs en vue d’un concert ou d’un enregistrement.
      On découvre la musique d’un artiste sur scène, sur disque ou sur vidéo et l’idée, l’envie de faire de la musique avec elle ou lui prend forme .
      On le contacte, on lui parle d’un projet, c’est parti…(speed dating !)
      Il s’agit d’aller directement à la rencontre musicale sans expliquer, sans préalables pour la création ensemble.
      Ma rencontre et la réalisation de ce projet avec Noël Akchoté s’apparente plus à du « slow dating ».
      Tout a commencé quand j’ai entendu, en juillet 2013, son album : Carlo Gesualdo « Madrigal For Five Guitars » J’ai trouvé cette musique tellement belle, si modernisée par sa manière de lui redonner vie, que je le lui ai dit via Facebook et
      nous avons commencé à échanger nos impressions sur le monde de la musique.
      J’ai proposé à Noël Akchoté d’enregistrer des improvisations en duo piano acoustique-guitare électrique.
      La discussion a continué, nous avons créé un lien, une connexion entre nous avant d’aller en studio.
      Nous avons joué pendant longtemps, le 2 juin 2014, au studio la Fonderie, avec beaucoup de plaisir et nous avons décidé de présenter nos improvisations sur un double album intitulé : « Siderrances » titre proposé par Muriel Roger qui après écoute pensait à érrance sidérale puis siderrances.
      Henri Roger, juin 2014.
      Le design de la pochette et les peintures sont d’Anne Pesce ©2014.
      Enregistrement le 3 juin 2014 au studio Sextan la Fonderie par Maïköl Seminatore assisté de Laurent Guigonnet.
      Mixage le 4 juin 2014 à The Border Studio par Maïköl Seminatore.
      Mastering en juillet 2014 au studio Galaxy par Marwan Danoun.
      Facing You / IMR 006. Octobre 2014.
      Distribution : Musea,Instant Music Records, les Allumés du jazz, Souffle Continu, Improjazz.

      Siderrances, audio, vidéo


      Soundofmusic. Thomas Millroth.10/10/2014.

      Pianisten Henri Roger har ett stadigt flöde i sina improvisationer. De gungar framåt med perfekt kontrollerat anslag. Det är som om varje ton som lyfter har precis den skjuts som behövs. Gitarristen Noël Akchoté spelar på ett helt annat vis med hackande repetitiv ton som gärna ekar litet grand. Ungefär som om The Shadows hade kommit på bättre tankar och tagit med Derek Bailey i bandet. Fast överfört på en enda musiker. Effekten av dessa två så olika flöden är överväldigande. Roger bygger långa linjer av fasta toner i en ganska våldsamt krängande rytm och Akchoté svarar med svaj och eko i en piskande stil som drar i pianots linjer.

      Och det svänger. Det svänger oavlåtligt. På första cd:n i fyra medellånga stycken, på andra cd:n i två sugande långa, hypnotiska improvisationer. Först alltså ett slags kortisar, trevande möten där de kommer överens om musikens möjligheter och sedan ett par utförliga långa improvisationer. De har hört hur de kan skapa en spänning med sin blandning av repetition och rytm. Där finns alltid en glipa mellan dem som vidgas och tätas.

      För det mesta håller de en någorlunda måttlig ljudstyrka, de spelar inåtvänt som om de vore jazzmusiker, nöjda att få det hela att svänga. Men alltid med publikens öron i tanke. Svänget sätter igång och drar båda med sig. Då håller grundidén med små variationer. Det blir tätt, mycket tätt, men ändå ganska mjukt. Deras musik är liksom mer ett animerat resonemang än ett gräl. Ibland är de helt överens, men långt ifrån alltid, och då sjunker tonläget, volymen, till större eftertänksamhet, som om de båda drabbats av grubblerier. Olösta. Lösningarna finner de i up-tempo, som det sades i jazzkretsar, då det gick litet fortare.

      Det här är så nära en jazzskiva det går att komma, utan att egentligen vara det, men de har nog närmat sig jazzsvänget bakifrån, backat in i detta rum. Duon är ett enda långt sväng-rum. Och – det är viktigt – den avskalade hänsynslösheten gentemot givna konventioner är det som ligger långt före någon jazzreferens.
      Som min egen referens i första hand vågar jag minnas, utan att pröva det, hur jag lyssnade på tidig Cecil Taylor eller Keith Tippett. Bara för att så fort jag skrivit den meningen, ångra mig. Den får stå kvar ändå, för då vet ni först vilket intrycket musiken ger bara för att ni ska vara beredda att ta till er en alldeles unik frispelande duoskiva mellan gitarr och piano.
      Soundofmusic

      4.Top 10, 2014 : Maître Chronique, octobre 2014

      « Siderrons-nous » les uns les autres !
      Si je m’étais croisé il y a une vingt-cinquaine d’années, je ne me serais jamais cru si, dans une conversation avec moi-même, je m’étais expliqué tout le bonheur ressenti à l’écoute de musiques improvisées. Costumé dans mes certitudes étroites de trentenaire pas loin de devenir quadra, mon double jeunot m’aurait ri au nez, j’en suis certain. Bien sûr, je savais le pouvoir de quelques sorciers de l’exercice : à cette époque, j’avais englouti bon nombre d’heures épicoltraniennes, et tout particulièrement celles de l’été 1966 au Japon et j’avais abordé, parmi d’autres, les rivages du free jazz d’Ornette Coleman ; je n’ignorais pas non plus qu’au temps de mon adolescence, au début des années 70, certains de mes groupes fétiches – tel The Grateful Dead – m’avaient démontré qu’on peut sortir du cadre restreint d’une « chanson » de trois ou quatre minutes pour pratiquer les chemins de traverse sans douleur (pour moi en tous cas).

      Mais il y avait toujours, tapie dans l’ombre de mes craintes irrationnelles, la peur d’être un peu perdu, de rester à l’écart des imaginaires débridés de musiciens dont jamais je ne pensais pouvoir comprendre les rudiments d’une langue jugée a priori complexe.

      On change. Ou plutôt on évolue, par un effet de sédimentation des connaissances qui enrichit et ouvre des perspectives qu’on pensait réservées à d’autres ou qu’on ignorait, tout simplement. Surtout quand certains musiciens jouent avec bonheur le rôle de passeurs, comme d’autres pédagogues sauront vous apprendre une langue étrangère.

      Henri Roger est de ceux-là ! Pianiste, guitariste, musicien libertaire et imaginatif, notre homme ne cesse de multiplier les rencontres et de susciter une curiosité passionnée. J’ai déjà eu l’occasion de l’évoquer à de nombreuses reprises ici-même ou pour le compte de Citizen Jazz, parce que le monsieur n’est pas avare de beaux enregistrements, en solo, en duo ou en plus grand nombre, sa géométrie personnelle étant de nature variable. Allez comprendre pourquoi ses pérégrinations musicales m’ont toujours parlé de près, quand même bien leurs destinations ne sont pas explicitement indiquées aux candidats au périple que nous acceptons d’être. Henri Roger est un voyageur de l’intime, une sorte de vagabond errant, un type volontiers nietzschéen (son paradigme personnel se situant quelque part entre hasard et gai savoir) à qui on peut faire confiance, dès lors qu’il s’agit de nous inciter à découvrir de nouveaux paysages. Un type fiable, un mec bien qui ne déçoit pas, parce qu’il ne triche pas. Et sympa, de surcroit, ce qui ne gâte rien. J’en profite ici pour remercier une fois encore mon camarade Bruno Tocanne qui eut, un jour, la bonne idée de se confronter à lui, de façon très amicale, dans un Remedios La Belle très stimulant. Une belle porte d’entrée dans le monde bariolé d’Henri Roger.

      Cette fois, c’est une association avec un autre agitateur de particules, le guitariste Noël Akchoté, qui fait merveille dans un double album dont le titre, Siderrances, constitue la meilleure des synthèses possibles : comme s’il était l’enfant naturel d’une déambulation conjointe et d’un étonnement réciproque. Déambulation et étonnement partagés dans l’instant par celle ou celui qui voudra bien, non pas y prêter, mais y offrir ses deux oreilles.

      Akchoté n’est pas le dernier venu, loin s’en faut : passé d’abord par la filière du jazz classique (je mets volontairement des italiques car ma relation aux étiquettes est assez distendue), il n’a pas tardé à s’orienter vers des formes plus expérimentales, sans jamais se fixer de limites stylistiques. A titre personnel, je l’ai découvert au milieu des années 90, quand il évoluait aux côtés d’Henri Texier dans une magnifique formation appelée Sonjal Septet. Et tout récemment, je l’ai retrouvé en duo avec un autre de mes musiciens compagnons de jeunesse, Richard Pinhas. Pour le reste, un petit coup d’œil à sa discographie suffit à percevoir toute l’étendue de ses horizons artistiques… Un sacré bonhomme, on l’aura compris et un partenaire de choix pour le pianiste ! Pour décrire sa rencontre avec le guitariste, Roger emploie un terme qui dit beaucoup de choses : celui de slow dating. Il veut en réalité nous faire comprendre qu’entre Akchoté et lui, il y a bien plus qu’une confrontation musicale, aussi belle soit-elle. Il est question d’un processus de découverte à maturation lente : à travers l’écoute d’un disque du guitariste, puis d’échanges écrits (par l’intermédiaire d’un réseau social qu’il n’est pas nécessaire de citer, mais dont on voit qu’il est possible d’en faire un usage intelligent) sur leurs impressions respectives autour du monde de la musique. Ou comment prendre le temps d’une compréhension mutuelle avant d’aborder la phase ultime, celle de la réalisation d’un enregistrement qui s’est déroulé le 3 juin 2014. Un duo piano acoustique – guitare électrique, accompli dans un état de plaisir manifeste, dont les vibrations se transmettent tout au long de sept séquences qui cumulent en une bonne centaine de minutes.

      J’écoute ce disque depuis pas mal de temps maintenant. Et je n’en vois pas la fin. J’avoue volontiers ma difficulté à le décrire, parce qu’il appartient à la catégorie des disques qu’on vit plus qu’on ne les écoute. Une invasion de soi. A chaque fois, il me faut y revenir et me laisser porter par ses éléments, dont la fluidité est tout aussi aérienne que liquide. Comme une longue vague en mouvements immobiles (oui, j’assume l’oxymore), porteurs d’une sérénité qui contraste avec les urgences un peu foldingues de When Bip Bip Sleeps sous la férule de sa Sérieuse Improvised Cartoon Music ou les outrenoirceurs lumineuses de Parce Que, en hommage à Pierre Soulages. Rien d’étonnant toutefois de la part d’Henri Roger qui nous avait entraînés voici peu dans une belle Parole Plongée en trio avec Benjamin Duboc et Didier Lasserre, avant de nous convier, en solitaire cette fois, à prendre un bain de soleil subaquatique dans un captivant Subathing Underwater publié durant l’été (en version numérique seulement). Il semble bien que, depuis quelque temps, Henri Roger soit pris du besoin d’explorer les contrées mystérieuses de son piano aqueux… Et je vous étonnerai peut-être en disant qu’à la première écoute de l’album, j’ai pensé à mon cher Grateful Dead (évoqué un peu plus haut) : non pas le groupe aux intonations folk d’American Beauty, mais celui des premiers temps, psychédéliques et volontiers acides, lorsque le groupe se lançait dans de longues improvisations en s’échappant du thème de « Dark Star ». Je n’irai pas plus loin dans la comparaison, parce qu’elle n’a probablement de sens que pour moi, mais j’y vois la même nécessité d’abandon, de lâcher prise (pour des causes légèrement différentes puisque du côté de San Francisco à cette époque, l’étirement à l’infini de l’espace temps passait par le recours à diverses substances qui n’ont, je pense, pas cours chez Henri Roger !). Siderrances est un disque auquel on doit en effet s’abandonner… Loin des urgences de notre monde, il offre son temps long (le deuxième disque ne comporte que deux titres, respectivement de 20 et 32 minutes) et laisse aux deux protagonistes le loisir d’engager une conversation de l’intime qui, jamais, ne nous laisse de côté. Là est sa grande force : il nous parle au creux de l’oreille dans sa langue propre, mais très empathique. La guitare de Noël Akchoté distille d’un bout à l’autre une douceur sinueuse, à peine troublée par quelques effets appliqués aux cordes. Elle émet des ondes qui viennent se mêler aux notes du piano, les enrouler, les enrober de leur pouvoir magnétique. Henri Roger, toujours adepte du registre grave de son instrument, s’échappe plus qu’à l’accoutumée vers les aigus et lui répond, visiblement habité d’une confiance en l’autre. C’est un dialogue qui se dessine naturellement, sans le moindre effort apparent (mais on a vu que pour parvenir à cette fusion, les deux musiciens n’avaient pas compté leur temps pour apprendre à se connaître). Une musique qui coule de source et s’invente, seconde après seconde. Et qui semble n’avoir ni début, ni fin. Un flux continu, un peu irréel.

      On peut écouter Siderrances à l’infini. Se réjouir aussi du soin apporté à la dénomination de certains titres, comme « Décoller à tes rires » ; goûter le flou savamment entretenu par le graphisme d’Anne Pesce ; se dire aussi qu’on a de la chance qu’un label tel qu’IMR nous donne à écouter de si beaux disques…

      Bref, tomber dans le panneau du duo Roger / Akchoté avec bonheur. Si je n’avais qu’un conseil à vous donner, il serait d’une grande simplicité : laissez-vous siderrer sans retenue, montez le son (une écoute au casque est parfaite) et ne pensez plus. Vous avez la clé, entrez !
      Maître Chronique
      Top 10, 2014 Maître Chronique

      Culture Jazz novembre 2014

      On n’arrête plus le pianiste Henri Roger qui improvise et enregistre infatigablement en compagnie de quelques uns des meilleurs spécialistes de la création spontanée sans filets (et sans portées). Ici, il est en compagnie de Noël Akchoté pour quelques errances sidérales et sidérantes sans doute, libres mais contrôlées.

      > Facing You & IMR (2 Cds) 006 / Musea

      Noël Akchoté : guitare / Henri Roger : piano

      CD1 : 01. Double Flux / 02. Aprem / 03. Libellules / 04. A louer / 05. Décoller à tes rires // CD2 : 01. Prairie Rouge / 02. Pierre immobile // Enregistré au Studio Sextan de la Fonderie ) Malakoff ( 92240) le 3 juin 2014.
      CultureJazz

      ****Jazz Magazine, Philippe Carles, février 2015

      En guise de commentaire introductif, le texte du pianiste (né à Ismaïlia, au nord-est de L’Egypte, en 1951), coutumier des effets polysémiques et/ou oxymoriques pour les intitulés de ses enregistrements ( « Rythmigration », « Exsurgences », « Energies Douces », « Imprudenses ») peut se lire comme le résumé d’une rencontre amoureuse, initialement provoquée par l’audition de celle du guitariste avec l’univers de Gesualdo (« Madrigals for Five Guitars »).
      Foisonnent tout au long du disque 1, dès le « Double Flux » initial, les métaphores paysagères, et
      dans les sept épisodes du vagabondage de tout l’album des bonheurs et accidents contrapuntiques éclairant le mot-valise du titre global.
      Si, inévitablement réductrice, la premiere étiquette risquerait d’enfermer ces « Siderrances » parmi les innombrables avatars d’une free music , à l’instar de quelque tourisme (pléonasti-quement superficiel), la moindre écoute insistante n’en finit pas de révéler un archipel de collisions et jubilations exquises où chaque coïncidence, chaque hasard participent d’un charme inouï et singulier. Comme si la notion de plaisir, au sens le plus élémentaire, presque psychologique, émergeait inexorablement, au point de susciter une sorte d’addiction, et donc le désir d’y revenir. Car ici les dangers de l’abus sont vivement conseillés.
      Philippe Carles. Jazz Magazine février 2015

      Best of Jazzitude 2014, Nicolas Dourlhès, décembre 2014

      (extrait de la présentation radiophonique)

      Roger est au piano, Akchoté à la guitare. Comme l’explique Roger dans la pochette, ce disque est le résultat d’une longue séance de travail, une rencontre entre deux musiciens qui ne se connaissaient pas. Qu’en ressort-il ? Comme toujours quand cela fonctionne dans les musiques improvisées, du son nouveau. Ici, les deux proposent une redéfinition de la musique non plus envisagée comme une temporalité mais bien plutôt comme un espace : un espace sonore où chacun s’élance à la poursuite de l’autre, où l’on se cherche, se trouve, se croise et se sépare, pareil à des patineurs sur une patinoires. Au fil du temps, de surcroit , on découvre une richesse de timbres, une association de l’électricité d’Akchoté, toujours sensible, délicate, cristalline, parfois fragile avec le piano profond, souvent grave qui se lance tout autant dans la folie sonore. La musique s’invente dans l’instant, prend vie, gonfle, prend de la vitesse, de la hauteur, pour dans la foulée dévaler une pente raide. Jamais d’ennui mais des paysages mouvants au milieu desquels évoluent deux danseurs.
      Jazzitude

      Chronique Sun Ship Mars 2015.

      Adepte des mots valises, Henri Roger a bien compris que malaxer les mots et la pâte sonore a la même racine ou du moins contribue de la même démarche. Sans doute la même aussi que le plasticien qui s’attache à modeler la matière : donner du sens au brut.
      Après Exsurgences, son piano solo, voici donc Siderrances, double album sorti sur la collection Facing You du label IMR. Il fait suite à une production multiple et diversifiée du pianiste et guitariste, à qui l’on doit un remarquable hommage à Soulages et une rencontre avec la doublette Duboc/Lasserre sur le non moins passionnant Parole Plongée.
      Henri est un homme de rencontres, qui a compris tout l’intérêt des nouveaux moyens de communication pour partager avec des musiciens éloignés physiquement mais proche artistiquement.
      C’est le cas du guitariste Noël Akchoté, lui aussi auteur d’une discographie foisonnante, axée depuis de nombreuses années sur une dématérialisation militante.
      On se souvient également qu’il est à tout jamais le guitariste d’un des plus beau disque de jazz hexagonal, le Tenga Niña de Jacques Thollot, et qu’il enregistra quelques disques avec Derek Bailey.
      Entre autres. Entre beaucoup d’autres.
      Une simple consultation de son occurrence Spotify permet de découvrir un travail passionnant autour de l’appropriation de la Musique Ancienne par la guitare, fut-elle électrique. Une démarche parfois aride, assez éloignée de ce que propose David Chevallier autour de Gesualdo par exemple. Elle recèle de nombreuses pépites, et signe surtout une obstination à traduire la musique ancienne en oscillations électriques, à commencer par l’arrangement pour guitare du travail de Guillaume Dufay qui reste l’un de mes enregistrements préférés du guitariste.
      C’est à l’écoute du Madrigal de Gesualdo qu’ Henri Roger a conçu avec Akchoté ce qu’il définit lui-même comme un "Slow Dating", c’est à dire un week-end en studio à se chercher, se heurter, s’unir…
      En un mot se découvrir dans le flux de la musique improvisée.
      Autant le dire immédiatement, il s’agit d’une rencontre d’évidence, qui prend tout de suite dans l’abyssal "Double flux" où le piano tempête dans les graves pendant que la guitare tente de s’échapper de la masse. Il n’y a aucun round d’observation, les deux improvisateurs tendent vers le même point en deux directions différentes.
      Le point d’impact est tonitruant mais ne se traduit pas par une explosion, plutôt une fragmentation. Akchoté joue avec l’écho de sa guitare extrêmement sensible, qui semble enregistrer chaque mouvement, fut-il imperceptible. Roger délaisse les graves pour laisser sa main droite courir à l’aventure. La musique gagne en espace et en horizontalité.
      Peu à peu, c’est le calme d’une forme de concorde qui se dessine. Dans le très beau "A louer", certainement le sommet du premier disque, le piano semble découler du chant plaintif de la guitare et lui répondre en écho. Les deux musiciens se font très contemplatifs, dans une forme d’errance qui ne se délesterait cependant pas d’une forme d’urgence, les soudaines plaintes électriques de la guitare ne manquant pas de nous le rappeler.
      Le second disque se consacre à deux improvisations longues qui démontrent que la rencontre est fructueuse. Dans "Prairie rouge", on ignore ce qui a donné la couleur à ce grand espace, mais il est sur que le duo en exploite toute la surface. Le jeu de Roger est délié, laisse beaucoup de place au silence et se plaît à s’immiscer dans les échos étranges du guitariste. Malgré l’espace entre les musiciens, c’est à un propos très dense auquel l’auditeur fait face. Il prépare à merveille la "Pierre immobile" finale, où l’on se plaît à découvrir quelques thèmes avortés, et quelques couleurs blues arrachées à la masse.
      Le morceau d’une demi-heure pourrait constituer à lui seul un disque. Il en a la consistance et le mystère. Comme on peut songer que la rencontre entre ces deux là est le début d’une longue histoire, peut-être est-la prochaine étape. C’est peut être le seul défaut de cet album : son aspect pléthorique. Cette rencontre lente aurait peut être mérité un format plus sec et plus râblé, à l’instar du second épisode Speed, sorti récemment et où Roger passe à la guitare.
      La tentation bruitiste qui donne du relief au son très pur de "Ayrton Senna", la puissance sèche de "Jacques Laffite" sont deux morceaux qui donnent envie que l’histoire continue, qu’elle soit Speed ou quelle soit Slow.
      Comptons sur eux pour donner bientôt de leurs nouvelles.
      FanpiSunShip

      Improvijazzation. Pick, best improvised jazz, no152 mars 2015

      Henri’s engaging piano pieces are very nicely complimented by nicely textured contrasts from guitarist Noël Akchoté on this tasty release ! The fourth tune alone, “A louer“, makes the album worth purchasing… though it is improvised, there are moments when you’ll think you’re at some kind of a concert ! If you’re looking for one of those pieces that will hold you spellbound for more than the normal “3 minutes”, you’ll love “Libellules“… I am definitely hearing strains of players like Davey Williams (one of the best improv guitarists in the world) on this piece…. rather long, at 13:06, so be sure you’re in the “zone” before you sit down to listen to this (with your headphones on, of course). The “supreme” opus, though, & my favorite of all the songs, is the one on CD 2, titled “Pierre immobile“… if you’ve never listened to improvised music before, this is MOST HIGHLY RECOMMENDED… “EQ” (energy quotient) rating is (a perfect) 5.00 – meaning that Noël and Henri also get the “PICK” of this issue for “best improvised jazz”.
      Rotcod Zzaj

      Improjazz. Luc Bouquet. Avril 2015

      Visiblement en cette journée de juin 2014, ils avaient besoin de dialogue et avaient envie de ne rien s’interdire. Ils avaient de la suite dans les idées et dans leurs cordes. Ils, ce sont Noël Akchoté et Henri Roger : on connait bien le premier et on commence à mieux découvrir le second. Que font-ils ici ? Ils creusent une obsession, font résonner les graves. Pardon : ils pulvérisent les graves. Leur duo est un duo courses-poursuites. Sur le premier CD, ce n’est même que cela : ils saturent le cercle et lui refusent tout oxygène. Tout est différent sur le second CD. En deux longues improvisations, ils incorporent silences et clusters. La masse du piano se zèbre des sonoritées barbouillées de la guitare. On passe du sombre à la prise de bec. On admet le bloc, l’élongation et le concassage. On entre en plongée profonde, on invite Cecil Taylor. On décroche et l’on s’enrage. Oui, ces deux-là ont bien fait de se rencontrer. La prochaine fois, ce sera encor différent.
      Luc Bouquet. Improjazz, no 214. Avril 2015.

      Citizenjazz. Aymeric Morillon. Avril 2015

      Une anecdote ou curiosité : ce double disque est né d’échanges sur l’internet, de messages et commentaires laissés sur Facebook pour être plus précis. A la manière dont on prépare les aventures sans lendemain ou bien les mauvais coups, entre autres rencontres clandestines et furtives.

      Nul parfum de soufre ici, pourtant ; plutôt l’arôme aux arrières-nez plus capiteux,des choses rares et sauvages. Cet enfant des réseaux sociaux reste toutefois présentable – ça arrive – et aimable, même si d’un accès un peu ardu pour qui n’a jamais exercé ses oreilles à l’improvisation audacieuse, celle qui sait dénicher les trésors cachés jusque dans les plis des dissonances et des bruits blancs.

      La liberté, en matière de musique au moins, effraie parfois. Ici, elle s’exhibe.
      Du côté de Noël Akchoté, la guitare se fait tour à tour, voire simultanément, rêche et câline, jouant des notes tenues, très métalliques, comme recroquevillées sur la mécanique guitaristique, et d’autres au contraire profondes et développées. Le piano d’Henri Roger, lui, se fait plus lyrique, sans pour autant oublier d’être chercheur, y compris dans des recoins difficiles. Il progresse avec majesté et amplitude, parfois, mais aussi par saccades et fuites en longues ou rapides digressions.

      Une fois n’est pas coutume, remercions Mark Zuckerberg d’avoir réuni ces deux musiciens productifs, collaborateurs en série mais qui n’avaient alors – un Speed (Guitar Duets Series) suivra – jamais joué ensemble. Remercions-le pour cette musique hypnotique, anguleuse et fluide telle du sable à gros grains qui s’entrechoquent en s’écoulant dans un sablier perpétuel.

      Aymeric Morillon. Citizenjazz

      x
    • Sunbathing Underwater : : Henri Roger piano solo
    • Parce Que ! : Eric-Maria Couturier, Emmanuelle Somer, Henri Roger, Bruno Tocanne
    • Parole Plongée : : Benjamin Duboc, Didier Lasserre, Henri Roger
    • No Meat Inside : François Cotinaud, Barre Phillips, Henri Roger, Emmanuelle Somer
    • When Bip Bip Sleeps : The SéRieuse Improvised Cartoon Music Quartet. Eric-Maria Couturier, Emilie Lesbros, Henri Roger, Bruno Tocanne
    • Exsurgences : Henri Roger piano solo
    • Remedios la belle : Henri Roger et Bruno Tocanne
    • Imprudenses : Henri Roger piano solo
    • Hyperkinezik : Henri Roger piano solo
    • Acouphenia : Henri Roger. Electro Improvisations
    • In Ze Tower : Henri Roger Home Studio
    • Telepatik Jam : Henri Roger Home Studio
    • Energies Douces. Rythmigration : Henri Roger. Piano Solo
    • Images : Henri Roger. Pôle Records.
    • Jazz Rust : Pouaz"rlk
    • Une journée anonyme : Duo Rythmigration. Henri Roger et Ismael Robert
    • Le son d’une seule main : Duo Rythmigration. Henri Roger et Ismael Robert
    • Musique écrite et improvisée du début du XXIè siècle du moyen pays niçois : Compagnie So What
    • Muses et modèles, no dogme : Compagnie so what
    • L’amour aux nus : Duo piano voix avec Catherine Ribeiro
    • Manipulsations : avec Paul Rogers, Jean Louis Méchali
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  • BIOGRAPHIE. ENTRETIENS. TEXTES :
  • STREAMING Et DOWNLOADS : : Une sélection de musiques des albums parus sur Facing You / IMR, le Petit Label, Believe.
  • DOCUMENTS PHOTOS :
  • DOCUMENTS VIDÉOS DVD "Exsurgences" :
  • INSTANT MUSIC RECORDS : : .
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